Quand j’ai cherché un titre pour ce texte, j’ai hésité et je vous laisserai choisir… mais, c’est sûr, on parlera des CAP !


Et si l’Ecole entrait vraiment dans le XXIème siècle et si le changement venait des pilotes de proximité, et si finalement, ce nouveau pilotage était encouragé par toute l’institution ?


Ou


Connaissez-vous les principes des Communautés d’Apprentissage Professionnelles ?

 

L’Ecole aujourd’hui…

Nous vivons une situation complexe, difficile, et notre Ecole est éprouvée. Je connais beaucoup d’inspecteurs, d’équipes de circonscription, d’équipes de direction d’école et de collège qui travaillent depuis bientôt un an pour limiter l’impact de la crise sanitaire sur les apprentissages.

Ils le font sans relâche, sans compter.

J’adresse un premier merci à tous ceux qui relèvent chaque jour ce défi.

Pourquoi le mot défi ?

J’aurais pu utiliser le mot « difficulté », en proposant à chacun de s’attaquer aux difficultés des élèves, aux difficultés des professeurs, aux difficultés des parents. Eh bien, première idée, première suggestion québécoise, éliminer ce mot de votre vocabulaire et le remplacer par : défi.

Le mot difficulté laisse porter la responsabilité sur les autres. A l’inverse, le mot défi engage, nous engage à agir. C’est un autre regard, une autre attitude que de passer des difficultés des élèves aux défis des élèves, des difficultés des directeurs ou directrices aux défis des directeurs et directrices, des inspecteurs.

Nous allons parler maintenant des CAP, Communautés d’Apprentissage Professionnelles.

Je devrais dire aussi que nous allons parler de PLCProfessional Learning Community, version anglophone de notre sujet.

Je l'écris car si vous allez chercher des compléments d’information sur ces sujets en utilisant ces deux sigles, vous trouverez plus facilement des documents. Et si vous n’avez pas trop de temps, ce que j’imagine facilement, je vous donnerai l’adresse d’un site qui constitue LA référence.

Sachez avant toute chose que ces travaux autour des CAP ont fait l’objet de plus de 20 ans de recherches universitaires dans différents pays, y compris chez nous via l’IFé. C’est donc du solide, des protocoles largement éprouvés, affinés et qui ont fait leur preuve. Nous ne sommes pas dans une expérimentation à la marge, incertaine. C’est tout le contraire.

Les CAP constituent une réponse didactique, pédagogique et organisationnelle qui a donné lieu à la publication de nombreux ouvrages.

Pour clore cette introduction, je me dois de citer un premier nom, Wenger, un des penseurs de ces théories qui, au fur et à mesure du temps, se sont affinées.

Wenger a développé le concept de communautés de pratique comme un groupe de personnes qui travaillent ensemble et qui sont en fait conduites à inventer constamment des solutions locales aux problèmes rencontrés dans leur pratiques professionnelles. Après un certain temps et au fur et à mesure que ces personnes partagent leurs connaissances, leurs expertises, ils apprennent ensemble.

Wenger, dès 1998, et depuis d’autres chercheurs comme Michael Fullan, structurent les communautés de pratiques selon trois dimensions :

=> Un engagement mutuel : Tous les membres de la communauté doivent respecter cet engagement. La confiance et l’ouverture aux autres sont des caractéristiques primordiales. Le but est d’utiliser les compétences et les complémentarités de chacun. Ainsi, les membres doivent être capables de partager leurs connaissances et de les lier à celles des autres membres. L’objectif principal de l’engagement mutuel est donc que chacun aide et soit aidé par un autre membre de la communauté.

=> Une vision partagée : Il est important de créer une vision commune interne à la communauté. Cette vision, ces choix du groupe ont pour but de faire interagir ses membres, afin d’accomplir la finalité de cette communauté éducative et la faire évoluer en fonction des nouveaux enjeux et problèmes.

=> Une connaissance partagée : Cette connaissance que le groupe acquiert au fur et à mesure du temps, ce sont ces ressources que cette communauté construit progressivement, comptes-rendus, parcours d’apprentissage, préparations des séances…

 Et comme l’écrit Mme Stéphanie Dameron, Chef de cabinet du ministre : « La notion de communautés de pratiques est une nouvelle terminologie pour désigner les logiques ancestrales des métiers telles que le compagnonnage ».

C’est dire à quel point ce dont on parle n’est pas nouveau.

Soyez donc rassurés.

Ce n’est pas nouveau et je vous invite à lire la vidéo en ligne de Philippe Culem et Christophe Calzado, qui présentent ces principes et ces protocoles, déjà mis en oeuvre en Belgique, en Allemagne, en Hollande et je ne parle pas des pays d’Amérique du sud et d’Amérique du Nord.

Alors et nous ?… Eh bien, c’est parti depuis plus de deux ans, au sein de l’académie d’Amiens, avec le soutien plein et entier de notre institution.

Sachez que les travaux menés dans les écoles du département de l’Aisne montrent sans aucune ambiguïté que nous tenons là une façon de travailler qui améliore les résultats des élèves. Les dernières analyses fournies par la DEPP sont claires et très précises. Nous les tenons à votre disposition.

Et puis, au-delà de ces statistiques essentielles et de ce discours, je veux surtout insister sur un point. Les directeurs, les professeurs avec lesquels nous avons travaillé, ont tous parlé d’un nouvel élan, d’une envie de venir à l’école renouvelé, d’un climat de confiance entre les collègues, exceptionnel. La mise en place des Communautés d’apprentissage professionnelles, c’est tout cela. C’est véritablement l’installation de l’école de la Confiance, de la bienveillance, non pas en mots mais en actes.

Enfin, vous aurez compris que ce n’est pas par hasard si la circulaire sur la direction d’école du mois d’aout est parue. C’est LE texte officiel qui permet la mise en place des CAP en donnant aux directeurs et aux équipes d’école le pouvoir de définir leurs besoins en formation, en donnant aux directeurs la possibilité de travailler entre pairs pour construire leur identité professionnelle.

Bien-sûr, ils le feront en équipe dans leur école et ils le feront avec l’aide de l’équipe de circonscription.

Cet enrichissement via l’intelligence collective s’installe entre les enseignants, entre les directeurs et s’articule parfaitement avec les métiers de conseillers pédagogiques et d’inspecteurs.

Pas d’inquiétudes.

Une CAP c’est une réflexion collective sur la pédagogie, on pense et on construit ensemble, une réflexion centrée sur l’élève et sur la réussite de chaque élève.

 

Mettre en place des CAP, c’est partir du principe que tout le monde peut apprendre, élèves, professeurs, directeurs, conseillers pédagogiques, inspecteurs. Et peut-être pourrions-nous ajouter les parents.

C’est répondre à ces trois questions :

  1.   1. Comment chaque personne qui travaille à l’école ou dans un établissement, peut-elle faire pour que tous apprennent ?
  2.          Comment mieux enseigner pour que l’élève apprenne ?
  3.          Comment permettre à chaque enseignant d’améliorer son geste professionnel ?

Quand vous travaillez avec une équipe qui a installé ce protocole, vous entendez des phrases comme : ce n’est pas mon élève, ce n’est pas ton élève, c’est notre élève. Le destin de chaque élève intéresse l’ensemble de l’équipe.

Un dernier mot, je veux ici rassurer les collègues inspecteurs.

Philippe Culem, le directeur d’école, vous présentera le protocole dans le détail. Mais sachez :

  • ð  que nous partons des évaluations nationales qui sont d’excellents outils d’analyse même si elles peuvent être complétées.
  • ð  qu’à partir de ces données, le directeur (ou le chef d’établissement) et son équipe définissent leurs besoins en formation.
  • ð  qu’ils s’interrogent pour savoir si au sein de cette équipe avec un recrutement à bac +, un collègue professeur peut assurer cette formation.
  • ð  qu’ils se tournent vers l’équipe de circonscription pour solliciter un conseiller pédagogique sur un objet d’étude bien précis, un besoin pointé chez les élèves.
  • ð  que ces travaux font toujours l’objet d’écrits, de comptes-rendus, qui construisent une culture pédagogique et didactique de l’école, de cette communauté d’apprentissage, et que dans cette organisation, nous travaillons pour l’élève et nous célébrons régulièrement nos réussites.

Il faut savoir encourager, accompagner. C’est très important. Cela vaut pour les élèves, comme pour chacun d’entre nous.

Et à ce titre, je tiens à remercier et féliciter le groupe CAR, Collaborer Apprendre et Réussir France, appelé aussi l’Ecole du XXième siècle. Pas trop de discours mais beaucoup de réponses concrètes et beaucoup de pragmatisme, de bon sens et de solidarité.

Que de chemins parcourus, merci à mes amis belges, ontariens, québécois et français pour cet enrichissement. Ce qui était au départ une aventure et depuis devenu une vraie démarche professionnelle, belle et tellement efficace pour les élèves.

Je pourrais continuer de vous parler de tout cela pendant des heures mais comme le dit très bien le titre d’un ouvrage essentiel sur ce sujet : Apprendre par l’Action.

Place à l’action, au concret. Philippe Culem, directeur, va vous présenter la mise en œuvre de ce protocole au sein de son école et Christophe Calzado, l’IEN de la circonscription, vous décrira comment un inspecteur organise son métier en encourageant cette évolution inéluctable de notre système éducatif. Je vous invite donc à prendre le train avec nous, ce sera sans aucun doute un beau voyage professionnel.

Merci à Benoit et Romuald pour cette initiative. 

Christophe, Philippe, Paola et Muriel, nous sommes à votre disposition pour parler de ce projet et pour réaliser d'autres temps de présentation et d'accompagnements.

Un clin d'oeil à l'équipe CAR québécoise et tout particulièrement à Isabelle Pontbriand.

Un merci à ... Danielle, Carl, Michael, Claude, René, Marius, Thierry et tant d'autres qui nous accompagnent depuis plus de deux ans 

Rejoignez notre collectif en laissant un message sur le compte twitter : @lionelTordeux 

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